L’impact de l’IA générative sur la pensée critique : une reconfiguration des compétences cognitives

Source

Lee, H.-P., Sarkar, A., Tankelevitch, L., Drosos, I., Rintel, S., Banks, R., & Wilson, N. (2025). The Impact of Generative AI on Critical Thinking: Self-Reported Reductions in Cognitive Effort and Confidence Effects From a Survey of Knowledge Workers. CHI Conference on Human Factors in Computing Systems (CHI ’25), Yokohama, Japan. DOI:10.1145/3706598.3713778.

Repéré par : Impact de l’IA générative sur la « pensée critique » – Collimateur – Veille pédagonumérique – UQAM

Résumé

Une étude menée dans le cadre de la CHI Conference 2025 s’intéresse aux effets des outils d’IA générative (ChatGPT, Copilot, Gemini) sur la pensée critique des professionnel·le·s de divers domaines (éducation, ingénierie, santé). Elle analyse comment l’IA modifie l’effort cognitif et la confiance en ses propres compétences.

Points clés

  • Plus de confiance en l’IA → Moins de pensée critique (acceptation passive des résultats).
  • Plus de confiance en ses compétences → Plus d’évaluation et de vérification des contenus IA.
  • L’IA modifie l’effort cognitif : moins de génération d’idées, plus d’évaluation et d’adaptation.
  • Nouvelle compétence : la rédactique IA (prompt engineering) pour affiner les requêtes et optimiser les résultats.
  • Motivations pour un usage critique : qualité du travail, réduction des risques, développement des compétences.
  • Obstacles : manque de temps, surconfiance en l’IA, complexité de correction des résultats générés.
  • Risque d’atrophie cognitive : moins d’analyse autonome, davantage de dépendance aux outils IA.

Recommandations

  • Former les étudiant·e·s à superviser l’IA plutôt qu’à l’utiliser passivement.
  • Créer des outils éducatifs IA qui stimulent la pensée critique (ex. : chatbots qui posent des contre-arguments).
  • Équilibrer efficacité et réflexion : réserver l’IA aux tâches de bas niveau cognitif et maintenir des exercices sans IA.

Valeur ajoutée pour l’éducation

Cette étude souligne l’importance d’une intégration raisonnée de l’IA en éducation. Si ces outils améliorent l’accès à l’information, ils ne doivent pas remplacer les processus cognitifs fondamentaux. Former les étudiant·e·s à un usage critique devient essentiel pour éviter une dépendance technologique et maintenir des compétences analytiques solides.